Les employés de l’Etat sont les propriétaires légitimes de l’argent déposé dans leurs caisses de retraite. On l’oublie bien trop souvent. C’est avec eux, et avec leurs représentants que le Conseil d’Etat aurait dû négocier au sein d’une commission paritaire afin de trouver une solution acceptable pour tous avant d’aller devant le Parlement. Rien de cela n’a été fait. Aujourd’hui ces caisses se trouvent dans une situation inquiétante d’une part à cause du non payement de la part employeur compensé par la garantie de l’Etat et, d’autre part, à cause de la mauvaise gestion de la CRPE ayant conduit à une insuffisance de performance de quelque 112 millions de francs en six ans.

Les Verts valaisans pensent qu’il faut assainir ces caisses ! Mais le prix doit être différent pour chaque acteur concerné. Le terme de « symétrie des sacrifices » utilisé par le Conseil d’Etat et par la Commission des finances induit tout le monde en erreur. Les employés et les rentiers ne doivent pas être ponctionnés deux fois : la première en tant que contribuables en payant des impôts qui permettront à l’Etat de réparer ses erreurs passées ; la deuxième en voyant leurs prestations diminuer (élévation de l’âge de la retraite, cotisation employeur diminuée, etc).

658 mios sur 40 ans : un simple prêt avec intérêt

Aujourd’hui, on veut faire croire que l’Etat du Valais, respectivement tous les contribuables valaisans sortiraient 658 mios pour faire un cadeau à la fonction publique valaisanne. En fait, rien de cela. Il faut renverser le raisonnement. Soyons clairs : si l’Etat du Valais n’a pas payé ses dettes envers ses employés en laissant grandir un trou énorme dans les caisses de retraite, c’est que l’Etat, respectivement les contribuables, ont fait des économies jusqu’à présent ! Aujourd’hui, il faut réparer cela !

Les Verts valaisans trouvent inadmissibles l’attitude qui consiste à dire qu’on fait un cadeau à la fonction publique. Jusqu’à preuve du contraire, si une personne va dans une banque et qu’elle emprunte 658 mios qu’elle doit rembourser sur 40 ans, il ne viendrait à l’idée de personne de dire qu’on lui a fait un cadeau. Il s’agit d’un banal prêt avec intérêt. Si l’Etat se sera totalement remboursé au bout de 40 ans (29 ans selon certains experts), il est donc mensonger de prétendre qu’il y a une symétrie des sacrifices.

Arguments fallacieux pour l’âge de la retraite

Les Verts dénoncent le contenu du projet de loi soumis au Parlement en avril. Dès lors, il va sans dire qu’ils sont scandalisés par le contenu du projet présenté par la COFI. 63 ans d’âge statutaire pour l’ensemble de la fonction publique (61 ans pour les policiers), c’est inadmissible. Les arguments avancés pour justifier cela sont seulement de nature comptable relativement à la mauvaise gestion des caisses et au non-payement par l’Etat de son dû envers les caisses de prévoyance. Si l’argent dû avait été versé, il n’y aurait aucune nécessité de toucher à l’âge de la retraite. Tous les fonctionnaires pourraient garder leur retraite AVS à 64/65 ans et leur âge statutaire LPP à 62 ans (58 pour les policiers).

Manœuvre politique connue

C’est du déjà vu : on fait avancer la méchante COFI comme les soldats que l’on envoie en première ligne ; ensuite la majorité du Parlement a beau jeu de dire que le projet COFI est mauvais et que celui présenté par l’Etat est juste, équilibré et acceptable. Les Verts valaisans non seulement n’aiment pas les manœuvres politiques, mais ils se réserveront le droit de dire non à un projet qui n’est en pas bon sans corrections substantielles.

Modifications à faire dans le projet

Si le projet du Conseil d’Etat devait être accepté par les Verts valaisans, il devrait contenir au minimum les modifications suivantes : aucune modification des cotisations employeur car il n’y a aucune raison que la fonction publique soit punie pour une faute qu’elle n’a pas commise ; allongement significatif (10 ans) des mesures transitoires pour l’introduction de la loi ; flexibilisation de l’âge de la retraite selon les catégorie d’employés ; possibilité de rachat d’années avec participation de l’Etat ; non-modification des rentes d’orphelins et de personnes à l’AI.

Grégoire Raboud, Président des Verts valaisans


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