Le 26 novembre prochain, le peuple se prononcera sur la contribution à l’effort de cohésion d’un milliard de francs présenté comme le prix à payer pour les Bilatérales II. Ce milliard alimente la confusion et les fantasmes des gens allergiques aux étrangers, à la coopération, à l’ouverture, à l’économie qu’incarne l’UDC et ses sympathisants.

Or, la Suisse n’a pas l’habitude de faire des cadeaux altruistes, même à hauteur d’un milliard. Elle est près de ses sous, ce qui est à son avantage dans ce cas de figure puisqu’elle a obtenu de l’UE le plein contrôle de son affectation qui se concrétise dans la loi fédérale sur la coopération avec les Etats de l’Europe de l’Est. L’UE aurait aimé que la Suisse lui verse le milliard ; elle aurait ainsi de son propre chef versé ce montant sur le compte ordinaire des projets en faveur des pays de l’Est. Mais par cette opération, la Suisse conserve toute sa liberté de manœuvre.

Dans la question migratoire, il est toujours dit qu’une partie de la solution résidait dans l’aide aux pays d’émigration. C’est exactement ce que la Suisse entend faire par cette loi : « promouvoir un développement économique et social durable ». Il est d’autant plus urgent d’aider des pays de l’Est qui contribuent à notre richesse : notre balance commerciale avec les pays de l’Est a été, en 2004, positive à hauteur de 1,7 milliard de francs. Or les coûts liés à cette contribution à l’effort de cohésion s’élèveront à 125 millions de francs par an sur une durée de 8 ans. Lorsqu’un client vous permet un bénéfice de 100 francs, lui refuseriez-vous de lui verser 7 francs pour soutenir un projet ?

Depuis 1989, la Suisse dispose de crédits-cadres de coopération avec les pays de l’Est pour soutenir leur transition politique, économique et sociale. Depuis 1995, elle dispose d’une base légale à validité limitée (arrêté fédéral). Cette loi fédérale sur la coopération avec les Etats de l’Europe de l’Est vise à en prolonger la validité. En 2004, la Suisse, prévoyante, a réduit le crédit-cadre de son programme quadriennal avec les pays de l’Est à 800 millions (initialement 1,2 milliard). Elle a donc épargné 400 millions. Les 600 millions manquants (c’est la somme réelle que coûte ce milliard de cohésion !) doivent être pris en charge par les départements avantagés par les accords bilatéraux (le DFF pour l’accord sur la fiscalité de l’épargne ; le DFJP pour l’accord de Dublin ; le budget de la Confédération vu la croissance pronostiquée liée au Bilatérales II). Lorsqu’un client vous occasionne un bénéfice de 100 francs, lui refuseriez-vous de lui verser 4,20 francs pour soutenir un projet qui lui est bénéficiaire?

Le milliard de cohésion n’est pas un milliard de charité : c’est un très petit milliard au vu des bénéfices réalisés et escomptés.

Grégoire Raboud, Les Verts


retour

En images

À 6 mois des élections fédérales, les Verts valaisans demande un PLAN CLIMAT pour des actions concrètent contre les effets du réchauffement climatique en Valais.


Toutes les vidéos

Prochaines dates